En août, le moi doute ?
C’était il y a quelque temps déjà. Pendant trois ans, elle est revenue me voir. Une première fois pour une dizaine de séances — pour des tensions relationnelles au travail. Puis dix-huit mois plus tard, cinq séances sur une question de légitimité. Puis encore un an après, pour une question d’évolution professionnelle.
À chaque fois, un nouvel objectif. À chaque fois, une nouvelle étape. À chaque fois, elle repartait.
Lors de notre dernière séance, satisfaite, elle m’a dit : « Merci pour le chemin parcouru. Et de toute façon, je sais que je peux toujours revenir vous voir si besoin. » Je lui ai répondu en souriant : « Ou peut-être que vous ne reviendrez pas ? »
Elle a fondu en larmes, de joie, puis m’a remerciée avec émotion.
Ce moment m’a rappelé pourquoi je fais ce métier : devenir inutile au bon moment, permettre à la personne accompagnée de se rendre compte qu’elle a toutes les ressources en elle.
L’autonomie n’est pas un point de départ. C’est une destination. Et un bon accompagnement ne se mesure pas au nombre de retours, mais à sa capacité à ne plus être nécessaire.
Parfois, ce sont les mots les plus simples qui l’annoncent.