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Croyances et confiance en soi : l’histoire singulière d’Emilie

Mes clients en témoignent parfois, il y a un avant et un après l’identification de la singularité. Pourquoi ? Parce que cette méthode vient chatouiller certaines de nos croyances : croyance que « je ne suis pas bon », que je ne suis « pas assez ceci » ou bien « trop cela ».

A quoi se réfèrent ces jugements et comparaisons dont nous sommes parfois victimes ? A une norme sous entendue et pour autant fictive pour convenir aux attendre de la société : dans notre manière d’être (les comportements), d’apprendre à l’école (« bon élève » / « pas bon élève »), et jusque dans les sujets de conversation à avoir (« tiens, il est bizarre, celui-là »).

Vers une hypothèse d’explication

On parle de pression de conformité : l’individu nourrit la société, qui le nourrit en retour. Dans notre société dans laquelle on ne meurt plus de faim et de soif, le véritable danger est la mort sociale, l’exclusion. Chacun d’entre nous déploie ainsi des efforts pour appartenir à un clan.

Pour autant, cette moyenne reste fictive. Il n’y a pas de personne étalon qui nous permettrait de nous comparer. Non. Chacun de nous reste unique, depuis notre séquence ADN jusque dans notre singularité et en passant par notre écriture, notre voix ou encore notre physique. Nous sommes bel et bien tous égaux dans notre faculté d’être différent.

Singularité et confiance en soi : l’histoire d’Emilie

Cela fait penser à une cliente que nous renommerons Emilie. Emilie a 45 ans quand elle pousse la porte de mon cabinet pour une question de confiance en soi. En tant que coach, c’est une problématique que je peux qualifier de courante, même si les chemins de résolutions sont des plus nombreux.

Ainsi commence notre séance :

 » – Je n’ai pas confiance en moi.

– Pouvez-vous me raconter un exemple qui montre que vous n’avez pas confiance en vous ?

– Et bien je n’arrive pas à prendre de décision. Je dois tout le temps demander à droite et à gauche ce que chacun pense de la situation. Et je doute, du coup les gens finissent par me regarder de travers. Ils se disent « elle ne sait pas ce qu’elle veut celle-là ». »

Que nous apprend cet exemple : est-ce un réel manque de confiance en soi ? Comme s’il s’agissait d’un réservoir, tantôt vide, tantôt plein ? Quels sont la place et le rôle du doute ? A quoi servent les regards des gens ? Tout ce que je constatais à ce stade, c’est un empilement de croyances, savamment emboîtées.

Emilie s’est prêtée au jeu de l’identification de la singularité. Et, oh surprise, le doute et le questionnement ne sont pas des défauts, mais des composantes essentielles de sa singularité, c’est-à-dire à sa manière d’opérer, naturelle et spontanée. Ce sont chez elle des facultés à la source de tous ses succès. Ainsi, elle se souvient avec émotion du jour où remettre en question le diagnostic posé par le médecin et ne pas se contenter de cet avis a sauvé son enfant d’une maladie chronique.

Emilie aurait pu choisir de faire 10 ans de psychanalyse pour comprendre le pourquoi du comment de ce comportement. Mais le constat qu’elle faisait là est sans appel : cette manière d’opérer fait partie de qui elle est. Autant l’accepter !

Nous avons donc travaillé ensemble sur comment accepter, à la place de combattre. Son plan d’action est d’une simplicité déconcertante : annoncer son fonctionnement. Dire simplement, « je vous préviens, je vais vous poser plein de questions ». Sa posture mentale a changé. L’image qu’elle dégage est désormais celle d’une personne qui a confiance en elle et qui le montre en posant des questions.

Parfois les réponses sont simples.

Pour exister, nos croyances ont besoin de carburant. A nous de choisir les croyances basées sur notre potentiel, notre singularité, notre authenticité. Régulièrement, je m’offre le cadeau de la question suivante : « est-ce que c’est vraiment ça que j’ai envie de nourrir ? »

Pour identifier votre singularité et affirmer qui ce que vous faites de mieux, rejoignez le prochain groupe qui démarre le 13 septembre 2021 (24 heures d’accompagnement réparties sur 3 mois et finançable via votre CPF notamment).

Par ailleurs, il reste 2 places pour la session du mois de juin.

😊

Je vous souhaite de vous émerveiller de nos différences !

Mon équipe cœur

Ce matin mon téléphone sonne, c’est Marcellin. Mon téléphone est coupé car je suis en séance avec un client. Il me laisse un message, le sourire dans la voix : « J’ai eu envie d’appeler les membres de Mana Mana. Pascal va bien, il travaille sur une offre pour Montpellier. Olga va bien aussi. J’avais juste envie de vous appeler pour dire bonjour et souhaiter une bonne journée. »

Mana Mana est un collectif de coachs qui crée des équipes apprenantes. Une équipe apprenante, c’est une équipe dont les membres développent la résilience, déploient l’action et intègrent le dialogue authentique nécessaires à toute transformation.

C’est une équipe dont les clients sont aussi des partenaires (allez-y, questionnez-moi sur ce point ! 😉) et c’est une d’abord équipe dont chacun prend soin l’un de l’autre.

Le programme de Mana Mana, cette année : accompagnement d’équipes sur le long termes (on ne prendra plus de mission d’accompagnement court). C’est déjà une réalité avec des clients et partenaires dans les secteurs privé et institutionnel. Un rêve d’école et la recherche (bien engagée) de locaux.

Je suis heureuse et honorée d’avoir été invitée à rejoindre Pascal, Olga et Marcellin dans cette aventure ! Merci les amis, je me sens déjà grandie ! Je me sens à ma place et les projets prennent de l’ampleur. Vous me faites voir la vie en rose !

 

Et vous Sigmund, que pensez-vous des avions en papier ?

Un de mes rôles de coach est de renvoyer la question à son expéditeur. En effet, les questions que nous posons ne nous renvoient généralement qu’à nous, nos biais cognitifs, nos filtres et enjeux personnels.

La vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne, Leonard de Vinci, 1501-1519 (source Wikipedia)

Comme quand Freud identifie un vautour dans le drapé de la robe de Marie dans le célèbre tableau La vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne et se lance dans une lecture psychanalytique de Leonard, ses rêves, ses fantasmes, sa sexualité* : le vautour est associé à la figure maternelle. Freud en déduit le rôle de ses pulsions sexuelles dans le processus créatif.

La coach en moi constate que c’est ainsi que Freud voit le monde qui l’entoure. En même temps, la question « Et vous, Sigmund, comment ça se passe avec maman ? » me chatouille gentiment.

Voilà un peu plus de deux semaines que toutes mes séances de coaching – en ligne évidemment – commencent par quelques échanges informels sur le confinement. Chaque partage sur cette situation inédite m’invite à considérer la situation sous un angle à chaque fois un peu différent.

Une fois n’est pas coutume, ce matin c’est mon client qui m’interroge sur ce que je vis : je partage. Je vis au jour le jour, mon emploi du temps n’est plus que réajustements permanents. Je remarque un relâchement de mon exigence à bien des niveaux. J’observe aussi des synergies inédites, des élans de solidarité et un ralentissement du rythme planétaire, visible depuis ma fenêtre. Certains semblent passer aux aveux quand ils se disent savourer ce moment hors du temps. Mon questionnement du moment : qu’allons-nous ancrer et conserver de ces prises de conscience une fois l’épreuve passée ? Mon client surenchérit : « c’est exactement ce que je me disais ! Qu’est-ce que les gens vont garder ensuite ? Est-ce qu’ils vont revenir à leur rythme de fous ??! » Evidemment, c’est de lui qu’il parlait.

Mais à cet instant précis, il me renvoyait la question : et moi, que vais-je garder de ces prises de conscience ? De ces nouvelles expérimentations ? Que vais-je réellement changer, intégrer demain une fois que l’adaptation ne sera plus une nécessité ?

Il y a quelques semaines encore, mon agenda était un des seuls à pouvoir exiger quelque chose de moi. Il a vu ses prérogatives fondre comme neige au soleil. Il essaie désormais timidement de se frayer un chemin dans mes priorités, à mi-chemin entre « faire une course d’avions en papier pour la 3e fois aujourd’hui avec mes enfants » (on a trouvé une nouvelle forme de bec encore plus efficace !) et faire preuve de créativité pour concevoir le repas du soir à base de surgelés (une première pour moi qui affectionne tant les produits frais). Beaucoup de considérations logistiques sont désormais passées en catégorie « je m’en fous » (il faut que vous m’imaginiez le dire avec un large et enthousiaste sourire).

Est-ce que ce que je vis est une parenthèse ou le début d’un réel changement ? Pour être honnête, je n’en ai pas la moindre idée. Mais ce dont je suis sûre, c’est que cette remise en question ne fait que commencer.

Et vous Sigmund, que pensez-vous des avions en papier ?


* Sigmund Freud, Souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, 1910.

Mon bilan 2019

Avant de vous souhaiter mes vœux pour la nouvelle année, laissez-moi me remettre de 2019 !

Voici mon bilan 2019 :

  • 63 jours de facilitation auprès d’équipes / stages / formations + 160 heures de coaching individuel
  • 340 personnes accompagnées
  • 365 tisanes du soir savourées en conscience
  • 2% du CA donnés à des associations
  • 1 société clôturée
  • 1800 livres vendus
  • Des sourires par milliers
  • 2 nouveaux stages (curieux ?)
  • Une 100aine d’heures d’engagement associatif
  • 12 projets initiés/développés en partenariats avec mes pairs ou participation à leur co-création (mercis)

Mes apprentissages principaux :

  • Le sommeil, c’est super super super important.
  • Quand le bateau tangue, l’équipe est à privilégier, devant le projet.
  • La respiration est un objet de recherche et d’apprentissage infini. Un truc de fou !
  • Je suis capable de me discipliner pour faire de la course à pied.
  • Même bien ancrée, la culture d’une équipe peut se transformer, au bénéfice de ses membres. Je le savais déjà, désormais je ne doute plus.
  • Les jeunes générations bougent et font bouger les lignes. Le futur est entre de bonnes mains.
  • Ma nouvelle recette de cracker aux graines. Avec moi dans tous mes déplacements, nombreux cette année…

Et à part ça ?

  • Me suis timidement remise au dessin
  • Yoga et méditation sont toujours mes alliés, jour après jour
  • Les enfants restent la priorité n°1
  • 🙂

Alors, bonne année 2020 ? C’est reparti !!!

carta blanche

Est-il suffisant de se poser des questions pour trouver son IKIGAÏ ?

Les livres sur le sujet foisonnent, le concept a envahi la presse magazine à tous les étages et chaque semaine, plusieurs dizaine d’articles sont édités sur le net. Alors : mode d’une saison ? Œuvre d’une vie entière ?

Ce concept japonais se traduit par trouver sa raison d’être, une activité qui nous apporte une joie de vivre telle qu’elle est une raison de se lever le matin. C’est sa raison d’être, sa mission de vie, son orientation, son génie, le sens de son existence, sa passion et tout cela réuni. Quel programme !
Prêt à en savoir plus ?

Ce concept prend sa place à la croisée des chemins entre :
– Ce que l’on aime faire
– Ses talents
– La cause que l’on défend
– Ce que l’on apporte aux autres, notre contribution à la société

ikigai

C’est la pépite cachée dans la roche. Michel Ange définissait ainsi l’art du sculpteur : pour lui, Dieu a placé la sculpture dans le bloc. Le travail du sculpteur est simplement de dégager la matière pour faire apparaître l’œuvre.

De notre point de vue de sculpteur, on ne voit souvent qu’un bloc de marbre difforme et abstrait. A chaque retrait de matière, on se dit « ce n’est pas ça » et « ce n’est pas ça non plus ». Et nous poursuivons cette recherche ingrate en nous demandons si celle-ci connaitra un jour une fin.

1. Chercher, c’est se poser les bonnes questions

Voici un florilège de questions auxquelles je vous invite à répondre par écrit. Il est intéressant d’y revenir périodiquement, pour affiner, poursuivre la réflexion, et se rendre compte que l’on peut chaque jour identifier des aspects nouveaux, des nuances, des déclinaisons.

Ne vous contentez pas de répondre aux questions, mais développez :
– Enfant, quel métier/activité imaginiez-vous exercer une fois adulte ?
– Qui est votre héro (vivant ou non, réel ou imaginaire) ?
– Qu’est-ce qui m’a apporté une réelle satisfaction cette semaine et pourquoi ? (Ne cherchez pas trop loin, c’est sans doute quelque chose de très simple)
– Qu’est-ce que vous faites tous les jours avec la plus grande facilité ? (Là encore, c’est une action simple)
– Quelle est la personne/cause/situation qui vous mobilise le plus ? (exemple « quand je vois… j’ai spontanément envie de venir en aide / résoudre / créer… »).
– Quelle est la cause que vous défendez ou que vous aimeriez défendre ?

Toutes les réponses sont ensuite à regarder en parallèle. Qu’est-ce qui émerge ? Y a-t-il déjà un sens commun qui se dessine ?

Ensuite, tournez-vous vers vos proches. Posez les questions suivantes à 3 à 5 personnes de confiance. Ne commentez pas, contentez-vous d’accueillir sans jugement :
– A ton avis, quels sont mes talents ? En quoi me trouves-tu particulièrement compétent.e ?
– Qu’est-ce que tu as trouvé remarquable dans mon parcours ?
– Qu’est-ce qui te surprend (ou t’a surpris) positivement chez moi ?
Privilégiez la prise de note écrite. Je vous garantis d’intéressantes et heureuses surprises au fil des échanges. N’essayez pas de tirer de conclusion après chaque entretien mais privilégiez une vision globale une fois tous les entretiens faits. Qu’est-ce qui émerge de nouveau ?

Cela devrait vous mettre sur la voie. Ces exercices sont à reprendre périodiquement pour affiner.

Je souhaite à présent attirer votre attention sur un point : chercher ne suffit pas toujours. Et à force de chercher, on finit surtout par développer des capacités de chercheur plus que de trouveur ! La seconde partie de cette réflexion est celle qui, à mon sens, mérite toute notre attention et qui fera la différence, car si les questions se répètent et n’apportent pas de réponse claire, c’est qu’il est temps de changer de posture mentale au regard de votre IKIGAÏ.

2. L’état d’esprit IKIGAÏ

A mon sens, IKIGAÏ est également un état d’esprit qui se cultive. Pourquoi ? Parce que trouver un sens à sa vie ne rime à rien si l’on n’est pas en mesure de l’accueillir : aimer, s’aimer, semer, essaimer. Cela revient à être satisfait et à montrer de la gratitude dans tout ce que la vie nous apporte au quotidien. C’est se placer dans la posture de « voilà ce que j’ai déjà, voilà ce en quoi je crois », plutôt que « voilà ce qui me manque » et ce au quotidien.

Que faites-vous aujourd’hui pour chérir cet IKIGAÏ ? Dans la pratique, cela revient à se demander ce que l’on fait pour soi :
– Pratiquez des activités qui vous procurent de la joie et partagez cette joie
– Sachez émettre la gratitude et la reconnaissance
– Soyez généreux en sourires, en pensées positives
– Souriez, encore !
Cette posture mentale nous met dans une dynamique de confort et d’accueil de ce que la vie a à nous apporter de mieux : notre IKIGAÏ !

Ma singularité : qu’est-ce que j’en fais ?

Je me sens impatiente de commencer une nouvelle série de séminaires en septembre. Les saisons s’enchaînent et la question « qu’est-ce que j’ai appris ? » revient comme un mantra. C’est donc l’occasion de partager quelques-uns des apprentissages que j’ai pu faire grâce aux participants au séminaire « Donnez du sens à votre singularité ».

Le plus important est dans doute celui-ci : découvrir sa singularité, c’est comme ouvrir une porte. Une fois la porte ouverte, il reste encore à la franchir. Bon nombre de participants posent la question suivante : est-ce que ce superpouvoir est la seule chose que j’aie à faire ? Est-ce qu’il n’y a pas d’autres activités qui peuvent me convenir ? A cette question, voici deux éclairages :

  • Cette séquence comportementale décrit votre manière singulière de voir le monde et d’interagir avec. C’est magnifique ! Il n’y en a pas deux pareils. Aussi, vous allez inconsciemment chercher à activer cette séquence quelle que soit votre activité, votre mission. Idéalement, il s’agit pour vous de trouver des activités qui vous permettent de mettre en oeuvre cette séquence de manière pertinente, c’est à dire dans un contexte spécifique et pour un objectif spécifique (identifiés lors du séminaire).
  • Ce que vous ne faites pas facilement est tout aussi intéressant que ce que vous faites avec facilité. Un trésor merveilleux se cache derrière chaque difficulté : ce trésor, c’est l’apprentissage!

La clé réside dans la conscience de votre place : suis-je à un endroit où je fais ce que je fais avec facilité ? Ou bien est qu’il va me falloir de l’aide, chercher des ressources car je suis en territoire inconnu ?

Mon témoignage personnel : il y a quelques mois, un coach me contacte pour me confier une mission de coaching. Vue la mission, j’ai pu lui répondre avec assurance et sérénité : « ça m’intéresse, mais je ne suis pas entièrement dans mon domaine de maîtrise, j’ai beaucoup à apprendre dans cette mission, aussi voilà ce que je te propose pour que cette mission soit sécurisée pour toi, pour moi et à plus forte raison pour les participants ». Quelques années avant, non consciente de ma contribution maximale, j’aurais sans doute accepté la mission sans me poser de question… cela n’est pas sans me rappeler mes premiers échecs 😉 Aujourd’hui, cette connaissance de moi me permet de savoir plus précisément qui est mon client, ce que je peux lui apporter…. Et à cerner là où j’ai à apprendre !

C’est une première pierre à l’édifice d’une nouvelle connaissance de soi. Vous vous connaissez déjà bien ? C’est merveilleux. Et en même temps, le séminaire vient parfois bousculer quelque peu ce que je me raconte sur moi, à propos de qui je suis, du rôle que j’ai à jouer.

Où placez-vous votre énergie ?

Les problématiques écologiques sont au cœur des débats. Vous êtes-vous déjà posé la question de nos déperditions énergétiques individuelles ? Je veux parler de toutes ces situations où nous dépensons une énergie insensée à lutter contre nous-même ou contre ce que nous n’avons pas envie de faire. Voici une anecdote pour l’illustrer.

Un jour, alors que j’étais jeune salariée dans le secteur culturel, je venais prendre ma pause déjeuné dans un espace commun. Une jeune comptable d’un bureau voisin mangeait là. Elle semblait lessivée et usée. Elle avait été contrainte de faire 2 heures supplémentaires en plus des 35 heures hebdomadaires. J’étais dans l’incompréhension la plus totale : alors que je ne comptais pas mes heures, je ne pouvais comprendre comment elle se retrouvait dans un tel état après deux petites heures de travail supplémentaire. Au cours de l’échange, elle finit par me confier dans un sanglot « mais moi, je voulais être sage-femme ».

Cet épisode m’a bouleversée car il a été un déclencheur dans la prise de conscience de « comment une personne peut-elle dépenser autant d’énergie pour aller à l’encontre de sa vie professionnelle ? Et comment une personne peut-elle être éloignée à ce point de ce qui apporte du sens à son existence ? » Cette question ne m’a plus quittée, c’est sans doute l’un des nombreux pas qui m’ont menée vers le séminaire « Donnez du sens à votre singularité » et vers ma pratique de coach.

La déperdition d’énergie peut venir d’une perte de sens ou pire, du sentiment de ramer à contre-sens dans son existence, notamment professionnelle.

On perd une énergie considérable quand la majorité de nos activités sont en dehors de notre réelle zone de motivation : quand les conditions de travail ne sont plus pertinentes, ou quand les tâches annexes prennent le pas sur notre cœur de métier.

De même, quand on n’est pas à sa place, on perd de l’énergie à se conformer aux objectifs des autres, au lieu d’être en cohérence avec notre contribution idéale qui elle, nous nourrit de sens.

Et vous, où placez-vous votre énergie ?

Le bonheur, ça tient à quoi ?

Je vous souhaite de fabriquer une année pétillante, sereine et heureuse !

Et au fond, qu’est-ce qui me rend réellement heureux dans mon existence ? Comment ?! 2017 est à peine réveillé et on se lance déjà dans les questions existentielles ?! Et oui ! Car la réponse est plus simple qu’il n’y parait. Pour tenter une réponse, je rapproche et partage avec vous deux observations qui se complètent : la première observe ce qui se passe à l’intérieur de moi, la seconde, à l’extérieur de moi, dans mon lien à l’autre. Intéressons-nous à deux études, deux prismes d’observation universitaires.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans monde désarçonné, désenchanté, le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi cherche à comprendre ce qui vaut la peine d’être vécu pour les gens. Après le constat statistique de l’absence de corrélation entre le niveau des revenus et le sentiment de bonheur de la population, il centre ses recherches sur les moments de la vie quotidienne dans lesquelles on expérimente le bonheur. Ses recherches l’amènent à rencontrer des artistes, des scientifiques, des alpinistes, des moines, etc… en tout près de 8000 personnes interviewées par lui et par son équipe. Il analyse avec ces personnes ce qui est en jeu quand tout se passe bien, dans les moments qui procurent du sens et de la joie. C’est ce que nous observons au cours du séminaire « Donnez du sens à votre singularité ».

Il décrit un état de grande concentration dans lequel rien d’autre ne semble exister. Le temps est comme suspendu, les processus de création se déroulent de manière presque spontanée. On croirait que cela se fait tout seul, sans intellectualisation consciente ou effort apparent. Le terme retenu est « l’état de flow ». Cet état se déclenche au moment où le niveau des épreuves ou défis dont les individus font l’expérience en relation est haut, de même que le niveau de compétences ou de capacités dont ils sentent faire preuve au même moment. Lorsque les deux sont élevés, on se sent en état de flow.

flow state

Au cours du séminaire, nous cherchons à identifier des boucles récurrentes dans lesquelles nous entrons spontanément dans cet état de flow.

Le second facteur que nous pouvons considérer se trouve dans notre relation aux autres et à quels liens je tisse avec mes proches. Intéressons-nous à ce qui a sans doute été l’étude sociologique la plus longue jamais réalisée. On la doit à l’Université de Harvard, il s’agit de la « Harvard study on adult development » : depuis 1938, les chercheurs se sont intéressés au quotidien de 724 hommes, année après année, sur les thèmes de la vie familiale, de la vie professionnelle, de la vie sociale, etc… évidemment, sans savoir comment leurs vies respectives allaient tourner.

L’enseignement le plus importante qui se dégage : les relations sociales saines nous maintiennent heureux et en bonne santé. Les leçons que l’on retient :

  • Nous avons besoin de connexions sociales, et l’isolement est nocif pour notre santé
  • Ce qui compte n’est pas le nombre de relations, mais leur qualité
  • Les relations sociales positives et sécurisées ne sont pas seulement bonnes pour notre santé, mais protègent aussi notre cerveau. Les personnes qui sentent qu’elles peuvent compter sur l’autre conservent une mémoire aiguisée plus longtemps que les autres.

Le secret du bonheur ? Vivre des états de créativité réguliers dans lesquels nos compétences sont mises à contribution pour des challenges qui nous parlent… et cultiver ses relations sociales dans le même temps !

 

Vous êtes démasqué !

Intéressons-nous aujourd’hui au syndrome de l’imposteur. De quoi s’agit-il ? C’est cette tendance à attribuer nos succès à la chance, au travail en équipe, à la facilité de la tâche, à la place d’assumer simplement nos compétences. Le syndrome de l’imposteur, c’est cette petite voix qui vous dit que vos succès sont le simple fruit du hasard ou de n’importe quel autre facteur.

Lors du séminaire « Donnez du sens à votre singularité », vous êtes démasqué. Vous affirmez votre domaine de singularité, celui dans lequel votre compétence est rare et précieuse.

Vous prenez aujourd’hui la place qui est la vôtre. Voici quelques pistes pour poursuivre votre chemin dans cette direction.

bas les masques authenticité

1. Détecter le sentiment d’imposture

Observez les dernières semaines écoulées : quand pour la dernière fois avez-vous nié votre compétence ? Voici quelques indices pour mieux détecter ces moments :

  • vous avez nié un compliment : « j’ai eu de la chance », « c’est normal, c’est mon travail », « c’était facile », « tout le monde aurait pu le faire de la même façon »
  • un sentiment d’illégitimité vous a gagné : « je n’ai pas fait les études nécessaires, j’ai juste appris ça comme ça », « je n’ai pas de mérite », « à un moment ou un autre, on va découvrir que je ne suis pas compétent ». On parle aussi de syndrome de l’autodidacte.

2. Rassurez-vous

Commençons par descendre ce « syndrome » de son pied d’estale : il s’agit ni plus ni moins d’un sentiment, comme vous en vivez mille autres au cours de la journée. Ce sentiment est largement répandu : en fait, nous serions 70%* à le croiser à un moment ou à un autre de notre parcours, de manière plus ou moins fréquente et répétée. Les femmes y seraient plus sujettes, ainsi que les personnes dites « précoces ».

3. Vous êtes le seul à procéder ainsi

Quoi qu’il en soit, votre manière d’analyser le monde qui vous entoure et d’apporter une solution authentique vous est toute personnelle. Vous pouvez toujours chercher : de la même manière que votre ADN est unique, votre fonctionnement et votre rayonnement le sont aussi.

4. Détendez-vous

Affirmer ce que vous faites de mieux est la voix à suivre pour prendre confiance et remettre ce sentiment à sa juste place. A chaque fois que vous croisez ce sentiment de près ou de loin, rappelez-vous que vous êtes unique.

Bas les masques !

 

* Le complexe d’imposture, ou, Comment surmonter la peur qui mine votre réussite, Pauline Rose Clance, édition Flammarion (1992).

Négocier avec un crocodile

Un film d’animation (3 min) sur la gestion de nos émotions, ou comment négocier avec nos crocodiles ?