Le syndrome de l’imposteur n’est pas un syndrome.
Il n’est pas répertorié dans le DSM, le manuel de référence des classifications psychiatriques. Il n’est pas reconnu comme pathologie clinique.
Pauline Clance, qui a co-créé le concept en 1978, a d’ailleurs toujours préféré le terme « impostor phenomenon », donc un phénomène, pas un syndrome. La différence n’est pas cosmétique : un phénomène se décrit, s’observe, se comprend. Un syndrome, dans l’imaginaire collectif, se diagnostique et s’étiquette.
Ce glissement de mot a des conséquences. Il transforme une expérience répandue et informative en quelque chose à « guérir ».
Ce que j’observe dans ma pratique va dans le sens de Clance : nommer l’expérience aide. L’enfermer dans une case, non.
Ce phénomène mérite d’être regardé avec curiosité, pas avec un diagnostic.
Source : Clance & Imes (1978) ; Bravata et al. (2020), Journal of General Internal Medicine : https://link.springer.com/article/10.1007/s11606-019-05364-1
