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Arrêtons le développement personnel !

Voilà sans doute l’article le plus gênant qu’il m’ait été donné d’écrire. Conseiller aux gens d’arrêter le développement personnel, alors que c’est mon métier ??! Ce n’est pas juste une accroche, voyons ensemble pourquoi.

J’ai commencé ma quête personnelle en même temps que la méditation : à l’âge de 16 ans. A cette époque, j’avais besoin de comprendre, poser des mots, exprimer. « Voilà la fille qui ne sourit jamais » disait-on de moi. J’ai rapidement fait des progrès tant j’avais l’impression de revenir de loin.

« Connais-toi toi-même »

Depuis plus de 20 ans, les pratiques de développement personnel font partie de mon quotidien, et je ne parle même pas de ma pratique professionnelle : j’ai ainsi exploré la CNV, l’ennéagramme, la PNL, le coaching, m-Bit, Psych-K, l’hypnose et l’auto-hypnose, l’EFT, le yoga, Ho’oponopono, les pratiques de relaxation, de méditation, le jeûne, la kinésiologie, les constellations familiales (et quelques autres qui vous surprendraient et que je garde pour moi). Et tout a été fort utile, et tout m’a permis d’avancer sur ma voie. Je suis pleine de gratitude pour le chemin parcouru.

Seulement voilà. A force de m’entendre parler de moi (moi moi moi), je tombe sournoisement dans le piège du même nom.

Le message est aujourd’hui le suivant : le développement personnel va de paire avec le développement de l’humilité. Autrement formulé, à mesure que je grandis à l’intérieur, mes actes extérieurs doivent être en cohérence. Ainsi se met en place un dialogue apprenant entre les deux, qui nous permet de maintenir une saine et légère tension : cela me rappelle mon premier voyage en Inde où mon professeur de sitar, qui constatant mes progrès, me disait avec son accent hindi « Oh ! Good ! Good ! Very good ! … But not so good ». 😊

Alors oui, le développement personnel c’est utile, car cela favorise une meilleure connaissance de soi. Pour pousser droit, un arbre a besoin de racines profondes. Plus les racines sont arrimées, meilleur est le développement des branches et du feuillage. Alors, « se développer, pourquoi faire ? » J’ai passé des années à répondre aux personnes qui me posaient cette question « pour être à votre juste place ». Aujourd’hui, cette réponse ne me suffit plus. Le développement personnel doit être mis au service de la communauté. J’interroge ici ma contribution personnelle. Revenir aux fondamentaux est un levier clé : s’engager dans une association dans laquelle j’agis au regard de mon engagement et de mes valeurs, plus que de mes compétences. Donner (du temps, de l’argent), pratiquer le remerciement au quotidien… Optez pour des pratiques qui vous procurent de la joie ! Il y a plus à gagner à être joyeux qu’à démêler les mêmes nœuds qui nous agrippent encore et encore au passé. Et la joie, c’est communicatif.

Pour conclure, il est fondamental de pratiquer l’humilité (autant que faire se peut), dans une mesure identique au travail de développement personnel. Cet équilibre, je le découvre aujourd’hui des plus précaires. C’est une remise en question permanente.

Prenons cette existence à bras le corps, autorisons-nous à échanger, à donner. Notre société en a besoin !

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